Quand on n’a pas les codes

Lundi dernier je prenais le train pour un déplacement sur Paris, en montant dans la voiture, je me retrouve face à un homme d’environ 45 ans qui semble indécis et me laisse passer devant lui. Je m’installe à ma place et après quelques minutes, j’entends une voix masculine prononcer : « Oui maman tout va bien, je suis dans le train, installé à ma place, tout va bien se passer, je t’appelle dès que j’arrive à Paris ». En jetant un coup d’œil, je constate que c’est la même personne qui m’a cédé le passage peu de temps avant.

Ce dialogue me fait sourire et je me dis en mon for intérieur que c’est peut-être la première fois qu’il se rend seul en train à Paris. En pleine réflexion devant mon ordinateur, me parvient, après quelques instants, le son de chansons de variété des années 80, avec un volume suffisamment fort pour que tout le wagon en profite, un autre coup d’œil me permet d’apercevoir un appareil de musique relativement ancien posé devant le même homme. Une tension commence à se faire sentir parmi les voyageurs avec des regards noirs et des onomatopées chuchotées de part et d’autre, traduisant le mécontentement et l’agacement des occupants de la voiture. Je décide au bout de la troisième chanson de me rendre auprès de cette personne et de lui proposer d’utiliser un casque pour écouter sa musique.

En échangeant avec lui je me trouve confrontée à son incompréhension quant à ma demande, n’ayant pas du tout réalisé qu’il pouvait provoquer du dérangement et de la nuisance. Je prends conscience à ce moment-là que cet homme n’a pas les codes, il ne sait pas comment un voyageur en train doit se comporter. Je prends alors la mesure de la colère que son attitude peut générer chez les autres et en même temps tout le désarroi dans lequel cela le met.

Combien de fois dans nos entreprises les acteurs n’ont pas les codes et mettent en place des comportements désappropriés parce qu’ils n’ont pas les éléments de culture du système, les us et coutumes, l’étiquette comme on dit dans notre jargon. L’étiquette parle des valeurs, de la raison d’être et donc de la survie du système.

Comment donner et trouver des repères qui permettent à chacun d’inscrire ses actes en cohérence avec l’ensemble du système dans lequel il œuvre et les Hommes qui le composent ? Comment partager la vision, comment définir des objectifs, des périmètres d’action, comment mettre en place des contrats ?

N’est-ce pas là tout l’espace de co-responsabilité, celui des responsables à transmettre les codes et leurs sens, celui des collaborateurs à aller les chercher et à les faire leurs ?

Frédérique MONJOURNAL
Coach
Co-Dirigeante COHELIANCE