Ces bruits qui rendent aveugles

Que de bruits : tableaux de bords et autres indicateurs, reporting, normes (y compris pour caractériser ce que devraient être les rapports humains …)

Que ces éléments semblent réduire la réalité et sa complexité, déconnectés des vrais enjeux de l’entreprise.

Aujourd’hui, aux infos, combien d’entreprises disparaissent ainsi, pourtant « en bonne santé », selon ces prismes déformants ? Combien d’entreprises mortes pour « avoir atteint trop d’efficacité », coupées de leurs enjeux de fond, de leur énergie vitale. Opérationnalité et rentabilité optimisées mais perte de sens et finalités qui ne sont pas claires …

On pourrait alors se demander quelle est la fonction utile de tous ces bruits ?

Oui, ils servent à piloter, à leur mesure.

Mais s’ils étaient finalement plus rassurants pour les Dirigeants angoissés devant la complexité de leur environnement que d’être de véritables outils de compréhension de la globalité de l’entreprise ?

Le risque est que l’entreprise ne soit plus vue alors comme un organisme vivant, avec ses besoins propres…, alors que la vision systémique de l’entité autonome qu’est l’entreprise n’est déjà pas répandue.
Comment être vivant au travers d’indicateurs ne laissant pas beaucoup de place à l’autonomie, la spontanéité et l’intimité ?

Quel serait alors l’antidote ?

Et si, pour le Dirigeant ou le Manager, l’antidote était précisément d’accueillir ses peurs, d’apprendre à les reconnaître pour les transformer, d’accepter de ne pas tout savoir ou de tout contrôler ?

Et ainsi, de diminuer sainement son angoisse, au lieu d’en être le serviteur, dans le sens où ses décisions, ses actions ne seraient plus déterminées par ses peurs.

Et si l’antidote se trouvait dans une démarche d’ouverture et de lien à soi, de lien à l’autre et de lien au monde ?

Cela demande de développer son niveau de conscience, d’être au clair avec ses enjeux. C’est là un des défis majeurs à relever au regard de l’idée traditionnelle que l’on se fait du management dans certains systèmes que j’accompagne. C’est un changement personnel, en profondeur. Ce n’est pas chose aisée, je vous l’accorde. Les formations classiques n’abordent d’ailleurs pas ou que superficiellement cette dimension d’exploration de la personne par elle-même…

Et pourtant, si le manager est ainsi aligné à l’intérieur de lui, s’il est en capacité d’accueillir ses angoisses au-delà des bruits du système, s’il se (re) connecte au sens profond de ses décisions et de ses actions, il sera dans une posture d’ouverture. Il ne sera plus sourd ni aveugle à ce qui l’entoure, notamment à ses collaborateurs qui se sentiront reconnus… Ce sera un lien d’être à être, authentique, gratuit … au-delà des critères soit disant objectifs que l’on retrouve notamment dans les entretiens annuels.

Ce sont deux des besoins fondamentaux de tout être humain que ces besoins de reconnaissance et de sens (notamment pour la fameuse génération Y, génération « Why ?»)

Le Dirigeant laissera par cette voie la place à une émergence créatrice. Il n’agira plus uniquement à partir d’indicateurs parfois abstraits ou lointains. Il agira dans l’ici et maintenant, en harmonie avec ses exigences intérieures et son environnement…

Alors, me direz-vous, « c’est bien beau tout cela, mais le système est plus fort… ! »

Certes, au niveau macro, le jeu peut sembler bloqué.

Néanmoins, nous pourrions nous inspirer de l’excellent livre de Raphaël Souchier, « Made in Local », pour agir local au sein de son entreprise, de son groupe international… On voit en effet comment les initiatives locales peuvent faire advenir le changement au sein d’un territoire. Un changement pour ceux qui le vivent, en premier lieu, et parfois pour ceux qui l’observent…

Alors, quel type de Dirigeant voulez-vous être ? Quelles relations voulez-vous instaurer avec vos équipes ? Souhaitez-vous être un chef, qui donne des ordres et distribue des sanctions pour les faire respecter ? Commun malheureusement, rassurant peut-être, peu épanouissant certainement …

Je vous invite plutôt à une démarche personnelle, forte. Si elle n’entraine pas l’ensemble de la société, elle aura immanquablement un impact sur votre propre épanouissement, sur votre environnement immédiat, peut-être sur votre famille …

Pour aller plus loin : « THE PLACE TO BE »

Télécharger le programme/bulletin d’inscription « The Place To Be » – 2017

JP FIASSON
Co Dirigeant de Coheliance

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